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BTS, licences professionnelles, masters, écoles d’ingénieurs… Toutes les formations de l’enseignement supérieur ne connaissent pas la même évolution en matière d’apprentissage. Selon les dernières données du ministère de l’Enseignement supérieur, les effectifs reculent de 4 % en 2025, mais certaines filières continuent de progresser. Quelles sont les formations les plus touchées et celles qui résistent le mieux ?
Au 31 décembre 2025, 628 500 étudiants préparaient un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage, contre 657 800 en 2024.
Selon les données publiées par le Service statistique ministériel de l’enseignement supérieur (SIES), cela représente une diminution d’environ 29 300 apprentis sur un an, soit 4 %.
Cette baisse intervient après plusieurs années de développement de l’apprentissage en France. Elle pourrait notamment s’expliquer par la réduction des aides publiques et leur recentrage, en 2025, sur certaines catégories d’entreprises et certains niveaux de formation.
Mais derrière cette évolution globale, les situations diffèrent sensiblement selon les diplômes préparés.
Les formations courtes et professionnalisantes enregistrent les diminutions les plus importantes en 2025.
La licence professionnelle connaît la baisse la plus marquée, avec 18 100 apprentis, soit 10 % de moins qu’en 2024.
Le BTS, qui représente un volume important d’étudiants en apprentissage, enregistre également un recul significatif :
Ces chiffres montrent que les formations historiquement très présentes dans l’apprentissage sont particulièrement concernées par la diminution des effectifs.
Pour autant, l’apprentissage conserve une place importante dans ces cursus.
En 2025, il concerne notamment 59 % des étudiants en licence professionnelle, 44 % des étudiants en BTS et 24 % des étudiants en IUT.
Autrement dit, malgré la baisse observée, l’apprentissage reste un mode de formation majeur dans ces filières.
À l’inverse, certaines formations de l’enseignement supérieur continuent d’enregistrer une hausse du nombre d’apprentis.
C’est notamment le cas :
Ces progressions restent modérées, mais elles contrastent avec les diminutions observées dans les formations plus courtes.
Les données montrent également que l’apprentissage occupe désormais une place importante dans les cursus d’ingénieurs, puisqu’il concerne 20 % des étudiants de ces formations.
Dans les écoles de commerce, cette proportion atteint même 34 % des étudiants.
Ces différences soulignent une réalité importante : l’évolution de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur ne peut pas être résumée à une baisse généralisée. Certaines filières continuent de se développer, tandis que d’autres enregistrent un recul plus marqué.
Les disparités ne concernent pas uniquement les diplômes. Elles sont également visibles à l’échelle des territoires.
Selon le SIES, la majorité des académies connaissent une diminution du nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur en 2025.
Certaines enregistrent des baisses particulièrement marquées :
À l’inverse, d’autres académies connaissent une diminution plus limitée :
Ces écarts montrent que les évolutions nationales peuvent recouvrir des situations locales très différentes.
Ils peuvent notamment inviter les établissements à comparer leurs propres effectifs avec les tendances observées dans leur académie et dans les formations qu’ils proposent.
Autre enseignement de cette publication : la place des femmes dans l’apprentissage de l’enseignement supérieur continue de progresser.
En 2025, elles représentent 48 % des apprentis, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2018.
Cette progression ne se traduit toutefois pas de la même manière selon les filières.
Les femmes sont majoritaires en master et dans les écoles de commerce, mais restent moins représentées dans certaines formations :
Ces chiffres mettent en évidence des différences persistantes dans la répartition des femmes et des hommes selon les domaines et niveaux de formation.
Ils montrent également que la féminisation de l’apprentissage progresse, même si certaines filières restent très majoritairement masculines.
Les données publiées par le SIES apportent un éclairage complémentaire sur la situation de l’apprentissage en France.
Trois tendances principales se dégagent :
1. Les formations ne sont pas toutes touchées de la même manière. Les BTS et licences professionnelles connaissent des diminutions importantes, tandis que les masters et les formations d’ingénieurs continuent de progresser.
2. Les différences territoriales sont significatives. Certaines académies enregistrent des baisses à deux chiffres, alors que d’autres connaissent une relative stabilité.
3. La place des femmes continue de progresser. Elles représentent désormais près de la moitié des apprentis du supérieur, même si des écarts importants subsistent selon les formations.
Pour les écoles et les CFA, ces données constituent des éléments utiles pour mieux comprendre l’évolution de leur environnement et situer leurs propres effectifs par rapport aux tendances nationales.
Les prochaines publications du ministère, notamment les prévisions d’effectifs pour les rentrées 2026 et 2027, permettront d’observer si ces différences entre filières se confirment.
Pour aller plus loin : retrouvez également notre article consacré à l'évolution des contrats d'apprentissage et de professionnalisation en France entre 2021 et 2026.